Femme et éducation

29/01/2020

FEMME ET ÉDUCATION

Clémence Loonis

« Je mettais la main dans l'avenir
et je te sortais fortement
avec la tête dans le mot
en secouant souvenirs, points, mères,
inconvénients pour la joie ».

Ce chapitre du livre, LA FEMME DU VINGT-UNIÈME SIÈCLE, Femme et Éducation,veut souligner l'importance pour l'histoire de l'être humain que la femme écrive sa propre histoire.

Dans cette histoire, nous allons mettre en évidence le rôle de la femme dans l'éducation. Mère, depuis toujours, donneuse universelle dans l'idéologie, tout au long de ce travail nous verrons comment la femme s'est fait une place dans le monde de l'éducation. Comment est-elle passée de mère à maîtresse ?

Certains chiffres officiels décrivent la scène sur laquelle la femme se déplace dans le milieu éducatif. Ces données peuvent nous intéresser pour une première approche.

Dans l'éducation maternelle et primaire, la femme occupe 76 % des postes de travail, c'est-à-dire que 9 professeurs sur 10 sont des femmes. Dans l'enseignement spécialisé, ce pourcentage augmente jusqu'à 80 %. L'enseignement des langues semble également appartenir au domaine féminin, avec 74 % de femmes professeurs, alors que, curieusement, elles ne constituent que 44 % des professeurs dans l'enseignement artistique. Dès lors, et selon les données du ministère de l'Éducation espagnol, les femmes représentent approximativement deux tiers du corps enseignant du régime général non universitaire, avec une présence qui atteint presque 68 % (chiffres très semblables dans d'autres pays européens).

Pour diriger notre enquête, nous pourrions nous demander : comment, pourquoi et pour quoi la femme a réussi à occuper ces postes de transmission du savoir avec des pourcentages aussi élevés ?

Avant de penser à la femme en tant qu'enseignante, nous allons nous occuper de sa propre formation. Est-ce la même chose de parler d'éducation et d'instruction ? Comment s'est-elle formée ? Quel type d'études a-t-elle reçus pour pouvoir enseigner ?

Utilisons le dictionnaire, dont les définitions viendront déterminer et limer les lignes de notre chemin.

Tout d'abord, il nous dit qu'éduquer fait référence à des personnes : faire en sorte qu'elle développe ou perfectionne ses facultés intellectuelles et morales, ou plus exactement donner les instruments pour pouvoir penser.

Dans le cas d'instruire, le dictionnaire ne précise pas si c'est une action qui ne concerne que l'humain, mais il fournit des connaissances théoriques, pratiques, des règles de conduite.

C'est-à-dire qu'éduquer signifie donner les instruments pour pouvoir penser, alors qu'instruire ne se limite qu'à donner les instructions.

Nous pourrions penser que le type de formation que reçoit un être humain, de façon générale, dépend de deux choses : de comment on le considère et de la direction vers laquelle il veut orienter son avenir.

Dans la Grèce antique, par exemple en 1000 avant J.-C., l'éducation que recevait la femme définissait assez bien ce que l'on pensait d'elle.

Les filles apprenaient à filer et à tisser, et elles avaient des cours de musique et de danse. Les filles des citoyens n'apprenaient qu'à jouer de la lyre, puisque l'aulos (un hautbois double) n'était pas considéré comme étant un instrument approprié pour une femme décente, en raison de l'effort physique qu'il requérait. En général, les femmes arrêtaient leur formation une fois qu'elles étaient mariées.

Dans la Grèce asiatique et dans les îles, plusieurs noms de femmes ont surmonté la discrimination historique contre les femmes et nous ont fait comprendre qu'elles se préoccupaient plus de leur formation intellectuelle. Ces exceptions qui éclaboussent toute l'histoire de la femme nous montrent qu'elle a des aptitudes et des désirs pour se former et exercer. En effet, les noms de certaines femmes qui se sont distinguées dans la poésie lyrique sont arrivés jusqu'à nous. En plus de Sappho, la poétesse la plus connue du monde classique, il faut également mentionner Hagesichora, Myrtis, maîtresse de Pindare, et Corinne, rivale de ce dernier, qu'elle a battu cinq fois lors de compétitions lyriques.

Dans le domaine scientifique, il faut également mettre en évidence le nom de certaines femmes, comme Agnodice. Cette femme médecin athénienne du ive siècle avant J.-C., qui avait été condamnée à mort pour avoir pratiqué la médecine alors qu'elle était une femme, a été sauvée grâce à la solidarité des Athéniens. En effet, ceux-ci ont menacé de se suicider si on faisait exécuter la peine.

De la même manière, Théano, épouse de Pythagore (vie siècle avant J.-C.), a écrit des traités de mathématique, de physique et de médecine, et elle s'est chargée avec ses filles de répandre les théories pythagoriciennes dans toute la Grèce. Hypatie d'Alexandrie, philosophe et mathématicienne, est parvenue à créer sa propre école.

Dans la Rome antique, vers 200 avant J.-C., les choses n'étaient pas très différentes. La formation d'une femme romaine de classe supérieure consistait en sa préparation pour être mère. Les médecins recommandaient le jeu de balle et le chant dans une chorale comme exercices pour préparer leur corps à la maternité et pour stimuler la fertilité.

Bien que la tradition stoïque défendît leur éducation intellectuelle, la coutume ne la jugeait pas nécessaire : les femmes devaient apprendre à filer, tisser et broder. Entre 7 et 12 ans, les filles recevaient la même formation que les garçons : les filles des plébéiens se rendaient à l'école du Forum, où elles apprenaient à compter, à lire et à réciter des vers ; celles des classes supérieures avaient des précepteurs privés. En principe, rien n'empêchait les filles de continuer leur formation après leurs 12 ans, mais il était fréquent qu'elles arrêtent leur éducation, puisque c'était l'âge auquel elles se mariaient. Seules les femmes qui se préparaient pour être courtisanes continuaient leur apprentissage en musique, chant et récitation.

Comme nous pouvons le voir, peu de femmes ont reçu une éducation qui allait au-delà de l'instruction qui les préparait à remplir la fonction primordiale de leur vie : le mariage. En aucun cas l'instruction qu'elles ont reçue ne leur donnait la possibilité d'enseigner.

Le nom de María Aldínez est arrivé jusqu'à nous. Au Moyen-âge, cette Madrilène a obtenu une certaine indépendance ; c'était une femme d'affaires boulangère qui possédait un moulin sur le Manzanares.

Mais c'était une exception. Au Moyen-âge, époque comprise entre le ve et le XVème siècle, les femmes qui voulaient étudier s'enfermaient dans des couvents. Ce lieu donnait à la femme une sécurité matérielle et une possibilité de vie spirituelle et intellectuelle. En renonçant à être mère, elle pouvait avoir accès à une certaine éducation.

Un autre fait important à cette époque-là et pour la vie de la femme est l'ouverture de l'École de Médecine de Salerne, en Italie. C'était l'école qui possédait la plus grande source de connaissances médicales, et la femme avait accès à la formation médicale, exerçait la médecine et enseignait. Cependant, avec le déclin de l'école, dû à la naissance de l'Université de Naples qui l'a dépassée en matière de prestige, la présence de la femme dans l'enseignement médical a également disparu.

Parvenir à un niveau de formation n'était pas un droit pour la femme, et les idées qui parcouraient la planète n'ont pas profité de leur implication, de leur travail ; elles ont préféré l'éliminer et considérer ces faits comme accidentels.

Continuons avec l'histoire. Depuis le XIIIème siècle, autorisées justement pour l'expérience, pour le charisme de la parole révélée, les femmes mystiques enseignaient : elles étaient maîtresses. La légitimité de ce discours est ambivalente. Peu avant 1290, à la question « Une femme peut-elle être docteur en théologie ? », le théologien parisien Henri de Gand a répondu : « Elle peut, en effet, inspirée par la grâce divine et la charité ; la formule latine dit : ex beneficio, mais elle ne peut pas ex officio, puisqu'elle manque de ''signes'' publics d'état doctoral : constance, efficacité, autorité et effet. Et, en tout cas, jamais en se dirigeant à tout le monde, jamais en se dirigeant aux hommes, mais en silence, en privé, pas en public ni devant l'église ». Les interdictions réitérées du magistère public des femmes, promulguées tout au long du XIVème siècle, se basent sur ces mêmes arguments.

Durant les siècles qui ont suivi, les femmes ont continué à enseigner. En Angleterre, au début du XVème siècle, deux femmes très différentes ― l'une, voyageuse et pèlerine ; l'autre, emprisonnée ― ont présenté leurs excuses pour se sauver la vie. « Moi je n'enseigne pas, monsieur, je ne monte pas à la chaire. J'utilise seulement la conversation et les bonnes paroles et je le ferai tant que je vivrai », s'est défendue avec fermeté Margery Kempe face au tribunal qui l'a accusée d'hérésie. Sa contemporaine Juliana a ouvert les premiers chapitres de son livre de la façon suivante : « Dieu vous interdit de dire ou d'assumer que je suis une maîtresse, puisque ce n'est pas le cas et ça n'a jamais été mon intention ».

Au XVIème siècle, l'éducation des femmes se limitait au religieux. On leur enseignait les tâches domestiques et le catéchisme pour qu'elles puissent ensuite élever leurs enfants dans la christianité. La religion passe par la femme et se transmet de mère en fille. Rare étaient celles qui n'ont pas reçu cette éducation religieuse. À l'époque, la religion était le courant d'opinion, c'est-à-dire l'idéologie régnante.

En 1523, Jean Louis Vivès, auteur lu par de nombreuses personnes dans les secteurs humanistes européens, reconnaît dans son œuvre la nécessité d'éduquer les filles, mais que faut-il leur enseigner ? Pour Vivès, la première vertu est la « pudeur » ou l'inhibition de leur sexualité, ou plus exactement la répression de leur sexualité. En ce qui concerne le latin, il préconisait l'étude des lettres pour les filles nobles qui se considéraient aptes à le faire.

En 1673, François Poullain de La Barre a publié anonymement De l'Égalité des deux sexes, dans lequel il démontre que l'inégalité de traitement dont souffrent les femmes n'a pas de fondement naturel, mais qu'elle vient d'un préjugé culturel. Il prônait le fait que les femmes reçoivent une véritable éducation, mais également qu'on leur ouvre les portes de toutes les études, même les scientifiques. La célèbre phrase de Poullain, « L'esprit n'a pas de sexe », n'a été reprise qu'en 1949 par Simone de Beauvoir dans son livre Le Deuxième Sexe.

Les préjugés avaient la vie dure ; en 1687, Fénelon a exposé dans son Traité de l'éducation des filles que l'éducation de la femme était nécessaire et importante pour le bien public, « les femmes bien éduquées contribueraient au bien, seraient également responsables de la valeur de l'éducation des hommes », en préconisant toujours les deux rôles essentiels : future épouse et/ou mère.

Au siècle des Lumières, en 1784, le philosophe allemand Emmanuel Kant a défini les Lumières comme l'acte par lequel « l'homme se détache de son immaturité qu'il a lui-même causée ». Alors qu'auparavant les hommes s'étaient vu empêcher par l'incapacité « d'utiliser leur propre intelligence sans l'aide d'une autre », Kant proclamait comme devise des Lumières : « Ose connaître ! Aie le courage d'utiliser ta propre intelligence ! ».

Bien qu'aujourd'hui ces penseurs soient vus comme des machistes, leurs livres encourageaient la soif d'étudier, d'apprendre, et même si cela a eu plus de répercussions sur l'homme, la femme a également été influencée par ces phrases.

Au temps des Lumières, de nouveaux fondements pour la cohabitation ont été établis : l'égalité des êtres humains et le contrat social entre eux. Pour justifier le fait que la femme n'eût pas accès à l'éducation ― le bien le plus précieux des hommes libres ―, Hegel, Schopenhauer, Nietzsche et Rousseau se sont appuyés pour leurs discours sur la « complémentarité des sexes ». Ce contexte a été utilisé pour expliquer que les deux sexes avaient un destin social différent et, par conséquent, qu'il y avait deux modèles éducatifs différents, l'un pour l'homme et l'autre pour la femme

Par exemple, Rousseau écrit dans son livre Émile, ou De l'éducation, en parlant de l'éducation de Sophie comme paradigme de l'éducation de la femme : « Dès qu'une fois il est démontré que l'homme et la femme ne sont ni ne doivent être constitués de la même façon, de caractère ni de tempérament, il s'ensuit qu'ils ne doivent pas avoir la même éducation. [...] L'un doit être actif et fort, l'autre passif et faible : il faut nécessairement que l'un veuille et puisse, il suffit que l'autre résiste peu. Ce principe établi, il s'ensuit que la femme est faite spécialement pour plaire à l'homme. [...] Si la femme est faite pour plaire et pour être subjuguée, elle doit se rendre agréable à l'homme au lieu de le provoquer. ».

En 1796, la répression effectuée par Napoléon Bonaparte a entraîné la création de la « Conjuration des Égaux » menée par Babeuf, qui revendiquait dans son manifeste une véritable égalité entre les hommes. Cependant, curieusement Sylvain Maréchal, compagnon de Babeuf et précurseur communiste, a rédigé un projet de loi interdisant aux femmes d'apprendre à lire et à écrire.

Il y a chez Napoléon la même volonté de limiter l'accès du savoir aux femmes : « L'éducation des filles n'est pas une affaire d'État, elle revient à la famille ou à l'Église ».

Choderlos de Laclos, écrivain français du XVIIIème siècle, s'est prononcé sur la question de l'éducation de la femme et sur sa condition. En 1782, il a publié son livre Les Liaisons dangereuses, dans lequel il dénonce les coutumes de la société de son époque. L'auteur présente trois personnages féminins : Cécile, une jeune fille récemment sortie du convent pour être mariée, se retrouve soudainement dans la vie mondaine, sans guide. Mme de Tourvel, une jeune femme à l'éducation monastique, est fidèle à son mari et souffre de ne pas pouvoir résister à ses désirs passionnels et charnels. Il y a également Mme de Merteuil, qui est l'un des personnages principaux. Elle n'a jamais été au couvent, c'est une autodidacte, a une soif d'apprendre et en vient à dire : « La crainte de l'ennui fit revenir le goût de l'étude ». En 1988, ce livre a été porté sur grand écran et a remporté un grand succès. Nous pouvons penser que ces trois stéréotypes de femmes sont encore d'actualité.

Au XVIIIème siècle, les premières maîtresses ne savaient ni lire ni écrire, puisque ce n'était pas une condition requise pour enseigner. Néanmoins, il était fondamental qu'elles aient une morale irréprochable et catholique, et qu'elles sachent accomplir les tâches propres au sexe faible et beau : la couture, la broderie, etc. À l'école, les filles apprenaient à se dépouiller d'elles-mêmes pour se transformer, selon le canon officiel, en de parfaites servantes de leurs futurs époux et en de parfaites mères pour éduquer leurs enfants dans les valeurs traditionnelles.

Cependant, vers le début du xixe siècle, les gouvernants se sont rendu compte que les femmes étaient des éléments-clés en ce qui concerne le progrès, et la maternelle, un nouveau modèle de maîtresse, s'est développée comme complément naturel du maître, de la même façon que la mère complémente le père. Dans leur cas, on pouvait exiger qu'elles sachent lire et écrire, mais le niveau d'éducation n'aurait pas correspondu au niveau économique des élèves et au nombre d'habitants du village ou de la ville.

Ce n'est qu'assez tardivement, au milieu du xixe siècle, qu'on a commencé à ouvrir des écoles féminines. Néanmoins, même comme cela, les femmes privilégiées qui pouvaient y accéder recevaient une éducation qui n'avait rien de comparable avec celle que l'on offrait aux garçons. Le temps de scolarisation était beaucoup plus court, les absences et les abandons étaient assez fréquents, et le genre d'orientation du programme scolaire était assez différent. Dans ces écoles féminines, l'éducation intellectuelle était reléguée au second plan ; en revanche l'instruction religieuse était fondamentale. Ce que l'on voulait, c'était davantage de former de bonnes épouses, de bonnes mères, capables de bien éduquer les enfants et les domestiques.

En France, malgré la Loi Duruy qui a créé les premières écoles secondaires pour les filles, elles n'avaient pas accès à l'université. En 1861, après de nombreux refus à Paris, Julie Daubié a réussi l'examen d'entrée à l'université de Lyon. Elle avait 37 ans et le ministère de l'Éducation, craignant que cela ne fasse scandale, a refusé de lui remettre son diplôme.

En 1884, Clémence Royer fut la première femme à obtenir le droit d'enseigner à la Sorbonne.

Ce n'est qu'en 1924 que les programmes d'études ont été unifiés pour les deux sexes. Cependant, il a fallu attendre la loi de 1938 qui a supprimé l'incapacité civile des femmes mariées pour qu'elles puissent aller à l'université sans l'autorisation de leur mari.

Comme nous avons pu le voir tout au long de ce parcours historique, la formation de la femme n'était pas parvenue à l'éducation, durant des siècles elle s'est limitée à l'instruction : elle recevait les instructions pour le développement de son rôle de mère et d'épouse, conformément aux stéréotypes de chaque époque. À de rares exceptions près, la femme restait enfermée dans le noyau familial et travaillait pour l'espèce, non pas pour la civilisation humaine.

La question « qu'enseigner à la femme et pour quoi ? » a laissé de nombreuses taches d'encre tout au long de l'histoire, et démontre clairement un goût de vouloir encadrer leur éducation, de limiter leur connaissance.

Pourquoi la société a-t-elle maintenu cette position face au possible développement de la femme ? La considère-t-on tellement différente de l'homme ? Le fait que la femme participe au développement de la civilisation humaine avec ses paroles, son travail et son écriture altérerait-il la pensée de cette même société ?

Le fait que dans cette lutte des sexes chacun ait gagné ou perdu ce qui lui correspondait, cela devrait déjà être historique. Si la femme abandonnait le sacrifice caractéristique de son sexe comme instrument de pouvoir face à l'homme et qu'elle utilisait d'autres instruments, la lutte pourrait-elle se terminer ?

La répression de la sexualité des femmes, tellement désirée par Vivès au Moyen-âge, fait encore des ravages et nous savons depuis Freud qu'en réprimant la sexualité d'un être humain on réprime en même temps sa soif de savoir, d'enquête, d'étude, de lecture, etc.

Depuis le début du XXème siècle, grâce à l'action de la psychanalyse, de nouvelles phrases ont commencé à s'opposer aux préjugés historiques sur la femme.

En 1900, Freud a donné la parole à la femme, en lui permettant de s'exprimer en toute liberté. Désormais, on l'autorise à parler, à désirer.

Le docteur et poète Miguel Oscar Menassa proposent aux femmes d'écrire, d'écrire leur propre histoire pour ne pas apparaître comme la victime de la discrimination de l'histoire écrite par l'homme. Écrire pour participer à sa propre vie, pour laisser une trace. « Si le poème est possible, la vie est possible », écrit le poète.

De toute façon, aujourd'hui la femme a presque les mêmes possibilités que l'homme, presque les mêmes instruments pour la lutte. Même l'homme revendique cette vision féminine du monde.

Maintenant que la femme a accès à la formation presque de la même manière que l'homme, on peut soupçonner qu'il y ait quelque chose en elle qui n'a pas fini de se dire, de se décider.

À l'heure actuelle, il est beaucoup plus ordinaire que la femme accède à tout type de formation, mais leur rôle dans les universités est toujours minime. Les femmes occupent 13 % des postes de recteur d'université dans le monde, contre 80 % dans l'enseignement maternel et primaire.

Il faut prendre en compte le fait que le progrès est abyssal. La femme est sortie de la maison, elle travaille pour de l'argent, elle éduque des enfants qui ne sont pas le fruit de son amour. La vie de la femme a pris de nouvelles directions.

Récapitulons : la femme a accès à tout type de formation, même à la psychanalyse. Elle est passée de l'instruction à l'éducation, et à l'heure actuelle nombre d'entre elles sont déjà entrées dans le domaine de la transmission.

C'est-à-dire que nous sommes passées de la réception des instructions pour appliquer des préceptes à l'éducation pour penser. L'espace infini de la transmission est désormais ouvert, et ce qui se transmet n'est ni le savoir ni les connaissances, mais les désirs.

Menassa explique que l'idéologie se transmet dans les protéines du lait, autrement dit que la femme est la première émettrice. En transformant l'idéologie de la mère, on transformera l'idéologie de la société dans laquelle nous vivons. Pour l'instant, notre société n'a pas fini de voir en la femme un être humain capable de parler, d'aimer, de travailler et d'écrire également sa propre histoire. Les préjugés prennent la pensée pour cible, et pour délivrer la pensée il n'y a d'autre instrument que la psychanalyse.

Elle connaît actuellement un épanouissement : si vous n'y faites pas attention, on vous l'enlèvera ; si vous pensez que c'est un droit, vous le perdrez.

Nous ne savons pas de quel genre de liberté profitera cette génération, mais il nous revient la tâche de laisser des signes de liberté pour que les autres puissent faire quelque chose de plus.

Traduit de l'espagnol par Pauline Castel

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